Matières, lumières, matériaux, espace
Samedi 13 février de 16h à 22h
L’outre-noir de Soulages ouvre tous les champs du possible et de l’imaginaire : le noir illumine, s’illumine. Dans l’ordre de l’analogie, les lueurs secrètes de la ville nocturne sont chargées de présence lumineuse bien davantage que les revêtements éclatants de la ville lumière.. Mais que voir dans le noir ? Que dire dans le noir ? Qu’espérer du noir ? A Paris, le noir renvoie à la suie, aux cheminées d’usines, et aux murs, enduits de crasse ou « patinés-délabrés », d’avant Malraux, véritable fond noir de la ville lumière, ainsi qu’aux abyssales profondeurs sous la métropole. La promenade abordera quelques unes des façons de mettre en scène le noir ou inversement de révéler des situations, des œuvres des objets éclairés par une plongée dans le noir.; elle éclairera l’extrême diversité de ce que l’on a longtemps considéré comme une double absence, absence de couleur et de lumière ; elle s’acheminera vers la perception des matières, le dur ou le mou, le mate ou le brillant, le rugueux ou le soyeux. S’opposent radicalement l’obscurité des profondeurs et l’éclatante lumière des surfaces noires réfléchissantes, cet éclat des façades laquées noires comme des capotages métalliques.
C’est aussi l’occasion en hiver, de voir tomber la nuit sur Paris ; entre chien et loup le ciel s’assombrit, la ville lumière resplendit de ses atours nocturnes, en même temps que maints espaces et recoins obscures disparaissent. Une autre géographie perceptive du noir et du lumineux prend place, ouvrant de vastes champs insoupçonnés le jour. L’esthétique de l’éclairage tente dorénavant de jouer sur les contrastes lumineux en gardant des espaces secrets dans le noir.
Tous les architectes ne s'habillent-ils pas en noir ?
Pour entamer ou prolonger la réflexion
- Lire : Simone Delattre, Les Douze heures noires. La nuit à Paris au XIXe siècle. Paris, Albin Michel, 2000, 679 p. Compte-rendu de l'ouvrage par Jacques Rougerie disponible en ligne ici.
"Voici un livre d’une qualité rare, et qui assurément fera date. Paris révélé par sa nuit. La manière est inattendue d’écrire son histoire ; elle eut assurément plu à Hugo : c’est à lui d’ailleurs qu’est emprunté le titre, comme en forme de dédicace." (lire la suite)
- Découvrir Le Jour de la Nuit.
"Depuis une cinquantaine d’années, l’alternance du jour et de la nuit tend à s’estomper. La multiplication des points lumineux en est la cause : en dix ans, leur nombre a augmenté de trente pour cent et s’élève aujourd’hui à 8,7 millions de points en France. Mais l’augmentation de l’éclairage nocturne est insidieuse : elle provoque la disparition du ciel étoilé, elle trouble fortement les écosystèmes et elle engendre une forte consommation d’énergie qui, dans un contexte mondial de réchauffement climatique, devrait pourtant être maîtrisée et réduite.
Au regard de ces enjeux, la première édition s’est donné pour objectif de sensibiliser les citoyens sur les conséquences de cette pollution lumineuse et à renouer un lien avec la nuit noire et magique, grâce à la mise en place de 203 animations grand public et à la mobilisation de 177 villes qui ont éteint tout ou partie de leur éclairage public."
Intervenants
Emmanuelle Bouyer, Emmanuel Vicarini, André Avril, Régis Labourdette et Yves Clerget
Rendez-vous
Samedi 13 février
Rendez-vous à 16h sur la piazza du
Centre Pompidou, à la hauteur de l’entrée
par mail : promenades.urbaines@orange.fr
Participation aux frais : 10€

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