Un Bel Horizon pour Les Promenades Urbaines à Oran

Du 11 au 13 mai 2012, L'association Les Promenades Urbaines, représentée par Catherine Le Teuff et Régis Labourdette, a été invitée à Oran par l'Institut français d'Oran (anciennement CCF) et l'association Bel Horizon dans le cadre d'un partenariat pour conjuguer leurs approches de la ville et leurs expériences respectives de promenades urbaines.

Autour des questions du patrimoine historique et de sa place dans la ville actuelle, ce projet s’inscrit dans un échange interculturel qui place les participants au cœur de cette démarche, et se poursuivra par la venue en région parisienne de membres de l'association Bel Horizon.

Voilà un récit de cette expérience joyeuse et enrichissante, accompagnée de quelques photos (texte de Catherine Le Teuff – sauf mention contraire - et photographies de Régis Labourdette).




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Vendredi 10 mai


Accueil à l'aéroport avec le président (M. Kouider Metair) et deux jeunes (Touffik et Younès) membres de l'association ayant une formation plus autodidacte pour l'un (exerce en tant que guide touristique ou accompagnateur) et étudiant en architecture pour l'autre.
Lors du transfert en voiture, premières découvertes de la ville puisque l'aéroport est environ à 12 km du centre.
Accueil au local de Bel Horizon, les lieux comprennent :
– Une grande salle (projection possible) avec des bibliothèques contenant des ouvrages en langue française notamment sur la ville d'Oran, les autres villes. Les livres que j'ai offerts pourront rejoindre ce fonds ;
– Des petits bureaux avec ordinateurs ;
– Une autre salle moyenne où sont à l'état de finition, deux grandes maquettes réalisées par Bel Horizon pour montrer Oran avant ;
– Un autre espace ordinateur + café

Pour l'architecture des lieux, il s'agit de locaux prêtés par la ville d'Oran qui appartiennent aux parties basses d'un vaste programme de logement à la verticale (20 étages) réalisés par les Perret. Pas d'ascenseur, logements conçus pour les colons dans les années 1950 ou avant. Ils sont voisins avec une bibliothèque de quartier, et d'autres activités socio-culturelles. Ils sont non loin de l'entrée, très en pente, du parking souterrain très important du même programme Perret.

Autour d'un café, nous échangeons nos premières remarques sur nos pratiques mutuelles de la ville. Nous apprenons qu'en raison des élections législatives (de la veille, jeudi 10 mai) Bel Horizon a fait une communication (presse, radio, information sur Facebook) pour renoncer à la traditionnelle marche de mai, qu'ils appellent avec humour la « manifestation ». Ils craignaient qu'un candidat (43 équipes en lice, 43 panneaux d'affichages !) ne fasse une distribution de tracts et tentent de leur coller une étiquette politique (appartenance à un parti).
Néanmoins, 500 personnes se sont rendues sur les lieux de la promenade entre le centre-ville (en bas) et Santa Cruz (en haut) parce que c'est devenu une habitude annuelle.

Plusieurs discussions sur les projets futurs de Bel Horizon et sur les lieux où se font les promenades urbaines. Les partenariats étrangers sont courants pour Bel Horizon, dans le cadre de programmes européens (partenariat avec Lyon, Marseille et jumelage entre Oran et Bordeaux) Nous allons dîner assez tard à proximité du local Bel Horizon, c'est la fin du week-end et l'ambiance est très familiale. Nous sommes avec deux jeunes en plus, Mehdi Attou (chargé des montages vidéo) et Abdel (guide). Le serveur du restaurant est très francophone ! Il a fait ses études à Lille. Il se souvient des après-midi de discussion à Villeneuve d'Ascq à côté du musée construit par Simounet.
Hôtel à proximité à pied (10 mn) dans une rue commerçante et avec mosquée. Nos hôtes nous préviennent de l'appel à la prière vers 4h du matin. Les chambres d'hôtel sont au 3e quasiment en face !
Avant le retour à l'hôtel, une première prise de contact avec le Front de mer. Nos hôtes veulent tout nous dire, la période « art déco » qui est le « style » qui a inondé les architectures de la période coloniale très présente dans ces quartiers de l'actuel « centre-ville ». Ils nous racontent l'immeuble à la coupole en mosaïque dont les décors en motifs de vignes (expliquées par le métier de viticulteur du commanditaire) sont transformés en motifs abstraits après 1962 ; cet immeuble du Front de mer n'est pas ouvert vers la mer mais sur la rue arrière. Toute l'occupation du Front de mer et la construction des premiers immeubles sont nés en lien avec la promenade conçue comme une dalle qui élimine les différents reliefs (plus précisément ce sont des ravins, 7 en tout) et qui fonctionne comme un ouvrage d'art à l'origine du développement des quartiers européens « français ».

Présentation du front de mer par un membre de Bel Horizon

Anecdote sur un immeuble d'environ 12 étages et 3 appartements à chaque niveau. Il est occupé par son propriétaire ce qui justifie quelques fenêtres sont éclairées parce que le propriétaire y habite seul (deux étages sur une douzaine!) Nous sommes raccompagnés à l'hôtel, les distances à pied sont très rapides, mais nos hôtes préfèrent assurer notre sécurité à leur manière. A l'hôtel, le gérant est quelqu'un de connu pour Bel Horizon qui a l'habitude d'offrir le « service visites » aux différents invités de l'Institut français.

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Samedi 11 mai

Un plan d’Oran

Journée très dense avec une promenade collective, un repas en tête à tête avec le directeur de l'Institut français, Gaëtan Pellan et M. Metair puis la conférence à l'Institut français avec projection d'images sur les Promenades urbaines (15h-18h).
Nous commençons par une rencontre à l'Institut français où nous faisons connaissance avec les personnes qui ont déjà fait beaucoup pour notre venue, à la fois Gaëtan Pellan (directeur) et Pascale Morant, son assistante et toute l'équipe de l'Institut. Nous parcourons les lieux, à la fois centre ressources sur la culture française et aussi porte d'entrée vers la France via l'enseignement du français et les demandes de bourse pour les étudiants algériens souhaitant poursuivre un cursus à l'étranger (Campus France). L'architecture des lieux est tout à fait marquée dans le courant de la postmodernité. L'architecte oranais (toujours membre de l'Institut français) Robert Doisy a lié entre elles une ancienne maison (19e siècle) et une nouvelle construction toute de structure métallique bleue tri dimensionnée. Celle-ci s'avère très pratique et distribue les lieux entre la médiathèque, l'espace Campus France, et la galerie d'exposition à proximité de l'auditorium (où nous présenterons nos communications l'après-midi). Nous prenons un peu de temps au rayon « architecture » de la médiathèque en promettant de faire des propositions d'acquisitions d'ouvrages et d'abonnements. C'est la revue Urbanisme qui est l'un des abonnements.
Le rendez-vous à 10h pour le début de la « Promenade urbaine » (50 participants) organisée par Bel Horizon avec une bonne dizaine de guides, portant tous T-shirts orange à l'effigie de Bel Horizon, se fait à leur local.
Le président et Abdel seront les guides, les prises de parole se font sans micro à la fois face à la totalité des promeneurs et en petits groupes qui se forment au fur et à mesure. Les objectifs de cette promenade sont d'aller à pied, du centre actuel vers le vieil Oran (les fortifications espagnoles et plus anciennes encore) puis de commencer l'ascension vers Santa Cruz, par le Front de mer puis la promenade de Létang (espèces végétales rares, panoramas sur la ville exceptionnels).
La cinquantaine de promeneurs (dont un journaliste d'El Watan) sont un groupe hétérogène, à la fois des professionnels de la ville (architectes diplômés ou étudiants), des amis qui se retrouvent, des amateurs de l'histoire d'Oran, un groupe d'étudiants espagnols, une famille française expatriée, etc.
Au fur et à mesure, le groupe avance dans des quartiers où la voiture a de moins en moins de place. Nous ne le ressentirons que plus tard, mais nos guides Bel Horizon assument une fonction d'agents de sécurité et sont un signe de reconnaissance pour les policiers en service. Après le Front de mer, on va longer les fortifications d'Oran au pied desquelles s'est développée la promenade de Létang, du nom d'un gouverneur français qui y fait planter des espèces végétales rares ou originales car non locales.
C'est aussi là, un lieu occupé par des hommes qui consomment de l'alcool et qui laissent les souvenirs de leurs passages au sol !
Histoire aussi d'une porte (dans le sens porte architecturée) qui fut celle de l'entrée d'un caravansérail démoli et qui s'est retrouvée installée là, face à la mer. Une photographie dans le local de Bel Horizon nous l'avait montrée in situ. Lorsqu'une tempête l'a mise à terre, les autorités n'ont pas cherché à la remonter. Elle gît par terre actuellement, alors que Bel Horizon avait fait une proposition de reconstruction qui est restée bloquée à Alger, centre des décisions. Pas de décentralisation en Algérie, la capitale est le lieu où sont tous les ministères et qui fait le choix de ses priorités en matière de patrimoine à sauvegarder aussi.
Discussion lorsqu'on aperçoit de loin, puis de près, une architecture inachevée tout en béton ! Kouider Métair nous informe qu'il s'agit d'un projet d'hôtel de luxe signé Fernand Pouillon ! Entièrement pris à l'intérieur des fortifications restées propriétés de l'armée puis actuellement d'Oran, ce lieu pourrait connaître un nouveau destin ? Bel Horizon n'avait pas encore ressenti notre goût pour le patrimoine « béton » ou 20e siècle ! La promenade nous fait aborder autrement notre association LPU.

L’hôtel inachevé de Fernand Pouillon

En sortant de cette promenade on entre dans des quartiers populaires où des enfants souhaitent être photographiés par Régis ! On passe à côté d'une salle de sports « Marcel Cerdan », halle métallique qui abritait aussi un marché. On tente de garder le rythme et de poursuivre dans des ruelles escarpées (escaliers nombreux) pour rattraper le reste du groupe. Par des rues ou chemins assez dégradés on s'approche du quartier de la mosquée de la Perle et on passe à côté de l'église Saint-Louis (avec des dômes, bâtie selon le plan en 1668), il s'agit du quartier Haï Inn.
L'étape suivante c'est le quartier d'El Marsa, ancien quartier espagnol de La Calera entièrement détruit aujourd'hui (ou presque). C'était un quartier de marins, puis des Espagnols s'y installèrent et il connut un massacre en 1962, volontairement commis par le FLN pour placer Oran dans la guerre d'Indépendance.

L’ancien quartier espagnol de La Calera

Dans ces ruelles, il m'est impossible de photographier. Les pans de murs laissés visibles, nous enseignent les modes d'occupation des lieux, les époques qui se suivent.
On prendra alors le « camino de la muerte », sente des douaniers qui longe en abrupt la côte très pentue, chemin qui mène à Mers-El-Kebir, ville voisine d'Oran et premier port.
Après une photo de groupe, sorte de rituel où tout le groupe se place dos à la mer, nous faisons demi-tour pour regagner par la place de la Perle (mosquée, Vieil Hôpital d'Oran) le centre-ville.

La photo de groupe

En chemin, nous croisons dans le dédale des ruelles une Zaouia, et c'est une promeneuse qui m'explique le sens de cette petite construction toute de vert. Il s'agit d'une fondation musulmane qui peut soit accueillir un lieu d'enseignement du coran, où l'imam sera également sollicité pour ses conseils. Soit le lieu s'ouvre à des accueils de voyageurs ou d'hôtes de passage.

La fin de la promenade Bel Horizon se fait à l'heure attendue (vers 13h), le public s'est un peu modifié en cours de balade, mais personne ne souhaite monter dans le bus pour regagner rapidement les locaux de Bel Horizon. Tout le monde repart à pied, avec invitation à tous à venir écouter les conférences de l'après-midi à l'Institut. Nous seuls (Régis et moi) restons sur la place de l'ancienne préfecture (à l'état d'abandon) avec Kouider Métair, en attendant le rendez-vous suivant. Nous allons déjeuner avec Gaëtan Pellan dans un restaurant de poisson avant de regagner l'Institut en voiture pour les présentations de l'après-midi. Au cours du déjeuner, nous allons découvrir l'engagement de Gaëtan dans les sphères culturelles d'Oran et faire le point sur les motivations de LPU dans ce partenariat.


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La présentation de LPU dans l'auditorium de l'Institut français

Catherine Le Teuff et Régis Labourdette à l’Institut français d’Oran

Nos interventions se font avec d'abord celle de Régis autour de la promenade du Louvre à La Défense et autour de la question de l'axe historique. Puis, un récit d'expériences (avec moins de photos) sur nos pratiques en Ile-de-France et le cas de Mantes-la-Jolie.
Le public en salle n'est pas tout à fait le même. Plus d'habitués, beaucoup d'adhérents de Bel Horizon en quête à la fois de conseils et de reconnaissance par nous de leurs actions.
La prestation de Régis l'emporte par sa passion, la très grande qualité et l'importance des photos, il enthousiasme les 80 personnes présentes ! Un petit clin d'œil sur les sculptures de la fontaine des Innocents qui sont aussi à Oran...
Lorsque j'aborde de manière plus pragmatique les médiations de l'association LPU en Ile-de-France et surtout à Mantes-la-Jolie, la salle sera moins intéressée. Néanmoins, j'ai pris conscience que cela faisait déjà 10 ans que je menais des actions LPU à Mantes (la première c'était sur insistance d'Yves Clerget, en 2002!) et la dernière en août 2011.
Les questions de notre auditoire ont été alimentées par la question de l'appartenance du patrimoine à ceux qui le défendent ou qui vivent à proximité.
Régis et moi avons bien insisté sur nos pratiques différentes et nous avons félicité les engagements de Bel Horizon. Le courage « politique » de leurs actions est plus fort que nos habitudes de médiation / connaissances sans prise de position forte. Nous développons nos projets dans des contextes bien différents (décentralisation ; loi de protection du patrimoine ; ZPPAUP ; etc.)
La finalité festive de plusieurs actions de Bel Horizon (concerts, lecture d'ouvrages, etc.) est une marque importante pour inscrire la démarche de la connaissance de son environnement proche dans une pratique de la ville qui ne va pas de soi en Algérie. Kouider Métair nous expliquait que le régime du « socialisme conquérant algérien » avait connu 10 ans de terrorisme, dont les séquelles sont toujours présentes.

Texte de Régis Labourdette sur intervention à l'Institut français
Pendant notre séance en salle à l'Institut Français, échange tout à fait passionnant à propos de la question du patrimoine et de l'appropriation du patrimoine. Nos amis d'Oran tiennent à cette idée d'appropriation du patrimoine par les habitants parce que ce sera la seule manière d'en empêcher la destruction. C'est le sentiment des habitants vis à vis de leur patrimoine qui permettra d'agir.
Quant à moi, je défends un point de vue beaucoup moins pragmatique mais peut-être plus sûr à moyen terme : ce qu'il faut, c'est s'approprier non le patrimoine mais la compréhension du patrimoine, car ce sera la seule manière de pouvoir dialoguer si, par exemple, chacun n'arrive pas du même bord.


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Dimanche 13 mai


Rendez-vous à 10h pour une visite à Santa-Cruz juste Régis et moi, avec nos amis de Bel Horizon. La brume s'étant levée (en fait elle est arrivée d'un coup, vers 9h) sur Santa Cruz nous allons changer de programme pour nous promener avec Younès et Abdel sur le quartier Nasr. Avant d'arriver dans cet endroit tout à fait particulier (habitants et habitats en sursis?) nous faisons le tour des architectures monumentales du quartier de la période française (1831-1962) où nous découvrons la maison du Colon, la cathédrale (1913) devenue bibliothèque, l'Hôtel de Ville et l'Opéra...
Younès (étudiant en architecture, jeune homme au chapeau) vient de terminer un projet de fin d'études pour présenter une réhabilitation de ce quartier idéalement situé à deux pas de la place de l'Indépendance. Mais en première ligne pour des démolitions massives déjà à l'œuvre. Ce quartier n'est pas accessible en voiture, les ruelles sont en terre battue pour beaucoup, des pans d'immeubles se sont écroulés depuis le dernier passage de Younès. Nous entrons dans une cour d'un immeuble où l'eau se trouve en bas, robinet unique. Pas d'évacuation des eaux, pas d'eau courante mais de l'électricité et des paraboles.
Lorsque nous allons quitter le quartier par le bas de la rue de l'Aqueduc ou de Wagram, nous avons une altercation, avec des habitantes (maison close) qui ne voulaient absolument pas être prises en photo.
Les idées défendues dans le projet de Younès visent à conserver le bâti existant et des espaces non-bâtis. Il fait la proposition de créer une nouvelle entrée dans ce quartier en passant sous un immeuble qui s'ouvre sur la grande avenue où le chantier du tramway se termine. Une liaison piétonne, pour passer du monde d'intense circulation à celui du piéton qui déambule.
Après un dernier repas partagé à proximité des locaux de Bel Horizon, d'un thé à la menthe en terrasse (fresques murales mimant l'oasis du désert) le stress du départ me prend ! Je pars très vite sans passer par l'Institut français qui a mis son chauffeur à notre disposition. Les formalités administratives à l'aéroport seront un peu lourdes, mais c'est vite oublié !!
Les souvenirs de ces engagements, de cette mobilisation pour nous faire un extraordinaire accueil sont là le meilleur des souvenirs de cette mission oranaise d'échanges de pratiques sur la ville.


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Lundi 14 mai (texte de Régis Labourdette)


Après le départ de Catherine, nous avons fait une séance en salle dans les locaux de Bel Horizon. Younès et deux de ses camarades qui présentent ensemble leur diplôme d'architecture m'ont montré en vidéo-projection leurs projets concernant cet ancien quartier juif, le Derb, que nous avions visité la veille. Nous avons une discussion sur les diverses manières d'intégrer leurs idées dans la complexité du tissu urbain et dans l'environnement paysager. Promenade nocturne dans Oran avec Younès. J'utilise le flash pour prendre une maison en photo : une femme nous prend à parti, folle d'inquiétude, c'est étrange.
Lundi matin, je prends un moment pour faire un petit tour seul. Je photographie un autre immeuble de Perret à environ deux cents mètre au-dessus de l'hôtel. Je n'avais pas vu qu'un poste de police y avait élu un discret domicile : voilà qui me permettra de faire une visite attentive de ce poste sur l'injonction courtoise mais ferme d'un homme en civil qui m'a déclaré sans ambages qu'il était la police. Une fois « libéré », je me laisse entrainer au gré des rues ; c'est ainsi que, par hasard, je tombe sur la gare de style mauresque.
Repas divin dans un restaurant traditionnel en compagnie de Kouider Metaïr et Touffik. Départ.

L’ancien quartier juif du Derb


> Téléchargez le pdf réalisé par Catherine le Teuff (même texte, photographies de Catherine Le Teuff)

> Téléchargez l'article paru dans El Watan au sujet de cette rencontre