Matières, lumières, matériaux, espace
Samedi 13 février de 16h à 22h
L’outre-noir de Soulages ouvre tous les champs du possible et de l’imaginaire : le noir illumine, s’illumine. Dans l’ordre de l’analogie, les lueurs secrètes de la ville nocturne sont chargées de présence lumineuse bien davantage que les revêtements éclatants de la ville lumière.. Mais que voir dans le noir ? Que dire dans le noir ? Qu’espérer du noir ? A Paris, le noir renvoie à la suie, aux cheminées d’usines, et aux murs, enduits de crasse ou « patinés-délabrés », d’avant Malraux, véritable fond noir de la ville lumière, ainsi qu’aux abyssales profondeurs sous la métropole. La promenade abordera quelques unes des façons de mettre en scène le noir ou inversement de révéler des situations, des œuvres des objets éclairés par une plongée dans le noir.; elle éclairera l’extrême diversité de ce que l’on a longtemps considéré comme une double absence, absence de couleur et de lumière ; elle s’acheminera vers la perception des matières, le dur ou le mou, le mate ou le brillant, le rugueux ou le soyeux. S’opposent radicalement l’obscurité des profondeurs et l’éclatante lumière des surfaces noires réfléchissantes, cet éclat des façades laquées noires comme des capotages métalliques.
C’est aussi l’occasion en hiver, de voir tomber la nuit sur Paris ; entre chien et loup le ciel s’assombrit, la ville lumière resplendit de ses atours nocturnes, en même temps que maints espaces et recoins obscures disparaissent. Une autre géographie perceptive du noir et du lumineux prend place, ouvrant de vastes champs insoupçonnés le jour. L’esthétique de l’éclairage tente dorénavant de jouer sur les contrastes lumineux en gardant des espaces secrets dans le noir.
Tous les architectes ne s'habillent-ils pas en noir ?
